Bilal Hassani, le YouTubeur fait son coming-out !

Le YouTubeur français Bilal Hassani a chanté son coming-out la veille de la Marche des fiertés de Paris. Une chanson toute en délicatesse…

Lunettes rondes, cheveux frisés courts et large sourire communicatif, Bilal Hassani est un jeune YouTubeur français qui monte. Jeune, il l’est par son âge (18 ans) mais aussi par son ancienneté sur la plateforme de vidéos : cela fait seulement un an qu’il publie des vidéos musicales. Quand il ne chante pas, Bilal danse. Quand il ne danse pas, Bilal chante. La plupart du temps, il fait les deux dans des vidéo-clips travaillés.

Le mélange entre son groove naturel, sa voix reconnaissable et ses chorégraphies originales lui ont permis de dépasser les 100 000 abonnés sur YouTube. Depuis quelques mois, il s’est lancé dans des compositions personnelles. En mars, il a dévoilé un single pop intitulé « Follow me ».

« Thank you for accepting me »

L’avant veille de la Marche des fiertés parisienne, il prévient ses followers d’une annonce imminente. La date n’est pas choisie au hasard. À l’approche du défilé, il a senti le bon moment. Il raconte à TÊTU :

J’y pensais depuis longtemps mais je me suis dit que c’était le moment parfait. C’était significatif pour moi et je me suis dit que ça pouvait aussi l’être pour ceux qui m’écoutent.

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Le lendemain, il publie une vidéo avec la légende : « Thank you for accepting me » (Merci de m’accepter). En piano-voix, une première pour le jeune homme, il interprète « Hold your hand », une chanson qu’il a écrite pour l’occasion. « J’aurais pu aussi le faire face caméra mais ça me paraissait trop dur. Alors que la chanson je l’ai écrite la semaine dernière, en quinze minutes. C’était une évidence », explique le YouTubeur.

Ses paroles sont d’une délicatesse revendicative (dont voici notre traduction) :

Je ne peux pas stopper la haine qui juge notre amour. Mais je serai heureux, lorsque j’aurai le droit de te tenir la main… T’es un garçon et c’est un problème. Ça m’énerve que ça pose problème. Pourquoi les gens s’en soucient ? Laissez-moi être heureux.

Une nouvelle liberté artistique

Dans la foulée, il change son avatar Twitter qu’il orne d’un cercle arc-en-ciel. Désormais, les choses sont claires. Les réactions sont unanimes, toutes sont positives. Même si Bilal avoue que ce n’était « une annonce pour personne, en tout cas pas pour [ses] amis, ni pour [sa] famille », il se dit soulagé d’avoir reçu autant d’ondes positives. Un soulagement qui aura également des conséquences sur ses compositions musicales. Le jeune homme l’affirme :

Je vais pouvoir être plus ouvert dans mon écriture. Avant je ne faisais pas de chansons d’amour parce que je ne voulais pas faire semblant, maintenant je vais pouvoir en écrire et dire « him » (lui) au lieu du « her » (elle) que je chantais dans plusieurs reprises et qui me mettait très mal à l’aise.

Avec ce coming-out, il rejoint la liste des YouTubeurs LGBT « out » parmi lesquels on compte notamment Andrew Grey qui a commencé avec sa chaîne « Andrew is gay », le gamer Newtiteuf qui a fait son coming-out en janvier dernier, la bisexuelle Lysandre Nadeau ou encore Adrian de la Vega (qui était en couverture du premier TÊTU nouvelle formule).

Source : Têtu.com
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L’inventeur du drapeau arc-en-ciel, emblème homosexuel, est décédé..

Gilbert Baker, artiste de San Francisco connu pour avoir conçu le drapeau arc-en-ciel devenu un emblème de la communauté homosexuelle, est mort à l’âge de 65 ans, a annoncé vendredi son compagnon.

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Gilbert Baker, artiste de San Francisco connu pour avoir conçu le drapeau arc-en-ciel devenu un emblème de la communauté homosexuelle, est mort à l’âge de 65 ans, a annoncé vendredi son compagnon.
« Mon plus cher ami dans le monde est parti. Clive Baker a donné au monde le drapeau arc-en-ciel, il m’a donné 40 ans d’amour et d’amitié », a écrit Cleve Jones sur Twitter.
Il n’a pas précisé la cause ni le lieu de la mort de Gilbert Baker. D’après les éléments biographiques sur son site officiel, ce dernier vivait à New York.
Cleve Jones a aussi publié une photo de Gilbert Baker avec l’ancien président américain Barack Obama et a invité les personnes qui le souhaitent à le rejoindre dans la soirée dans un quartier de San Francisco, sous un drapeau arc-en-ciel, pour rendre hommage à son ami.
Né dans le Kansas en 1951, Gilbert Baker s’est installé à San Francisco au début des années 1970 en plein essor du mouvement de défense des homosexuels.
D’après la biographie figurant sur son site internet, il a alors commencé à concevoir des bannières pour les droits des homosexuels et contre la guerre, souvent à la demande d’Harvey Milk, qui deviendra ensuite le premier homme ouvertement homosexuel à remporter une élection en Californie en se faisant élire superviseur de San Francisco en 1977.

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Harvey Milk a défilé sous les premiers drapeaux arc-en-ciel fabriqués par Gilbert Baker lors de la marche homosexuelle de San Francisco en juin 1978, quelques mois avant d’être assassiné, selon cette biographie. (Dan Whitcomb; Bertrand Boucey pour le service français)

Source Reuters

Être homosexuel en Tchétchénie veut dire la mort ou l’exil !

 »En Tchétchénie, j’avais le choix entre mentir ou mourir »…

Ilia a les traits tirés par la fatigue. Battu et torturé par des hommes en uniforme militaire, cet homosexuel a fui à Moscou où il vit la peur au ventre. « En Tchétchénie, j’avais le choix entre mentir ou mourir », résume-t-il.

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A 20 ans, il se cache désormais dans une petite maison en briques rouges de la banlieue moscovite, qu’il partage avec cinq autres Tchétchènes ayant eux aussi quitté précipitamment la petite république musulmane du Caucase russe. Tous refusent de révéler leur véritable identité par peur d’être identifiés et traqués.

« Si un de mes proches apprend que je suis homosexuel, il n’hésitera pas une seconde à me tuer », explique à l’AFP l’un d’entre eux, Nortcho. « Et s’ils ne le font pas, alors ils se feront tuer pour ne pas avoir rétabli l’honneur de la famille ».

Si la Russie montre régulièrement un visage homophobe, la question se pose avec une acuité encore plus grande en Tchétchénie, société conservatrice où l’homosexualité, considérée comme un tabou, est un crime passible de mort dans la majorité des familles.
Fin mars, une enquête du journal indépendant Novaïa Gazeta a révélé que les homosexuels sont la cible des autorités locales. Ces accusations sont d’autant plus prises au sérieux que les milices du président Ramzan Kadyrov sont accusées depuis des années d’exactions et d’enlèvements.

Selon le journal, les autorités ont arrêté plus de 100 homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour « laver leur honneur », et au moins deux personnes ont été assassinées par leurs proches et une troisième est décédée d’actes de tortures.

Convoqué par le président russe Vladimir Poutine, M. Kadyrov a démenti toute exaction envers les homosexuels en Tchétchénie, qualifiant les articles de « provocateurs ». Son porte-parole assure, lui, que les gays « n’existent pas » dans la république.

Si M. Poutine n’a pas lui même fait de commentaires, son porte-parole Dmitri Peskov a estimé que les accusations « ne se confirment pas », tout en soulignant qu’une enquête était en cours.

La parution de l’enquête a suscité également une vague d’indignation à l’étranger, dont celle de l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, qui s’est dite lundi « troublée » par ces informations.

 »Sursis »

A Moscou, la Ligue LGBT vient en aide aux Tchétchènes en fuite et reçoit « trois à quatre demandes d’aide par jour », selon Olga Baranova, responsable de l’antenne moscovite de cette ONG. Au total, près de 20 personnes en danger ont déjà été exfiltrées à Moscou, dit-elle à l’AFP.

Même s’il est à plus de 1.800 km de Grozny, Ilia continue de sursauter à chaque fois qu’une voiture s’approche de la maison. « En m’aidant, la Ligue m’a donné un sursis mais on finira par me retrouver », murmure-t-il.

En octobre, il a été emmené dans un champ et battu par trois hommes en uniforme militaire. Une immense cicatrice balafre le bas de son visage. « Ils ont tout filmé. Ils m’ont dit que ça finirait sur les réseaux sociaux si je ne payais pas 200.000 roubles (3.350 euros). Je me suis endetté et j’ai payé », raconte-t-il, la voix nouée.
Il a ensuite fui pour Moscou. « Des militaires sont venus voir ma mère et lui ont révélé que je suis homosexuel », confie Ilia. « Je suis terrifié. Je n’ai pas réussi à dormir depuis que je suis parti de Grozny ».

Z. a quitté la Tchétchénie il y a deux semaines. Lui non plus ne dort plus. La peur que sa femme et leur enfant découvrent son homosexualité le hante.

En mars, il a été détenu « dans une prison non officielle » pendant une semaine. « Il y avait d’autres homosexuels dans la cellule, certains avaient été battus », se rappelle-t-il. « Quand ils m’ont relâché, j’ai compris que je devais partir au plus vite ».
Pour Tania Lokchina, de l’ONG Human Rights Watch, « il suffirait d’un coup de fil du Kremlin à Ramzan Kadyrov pour que les arrestations cessent ».

Officiellement, une enquête a été ouverte lundi par le Parquet général. Mais les enquêteurs disent n’avoir reçu « aucune plainte officielle » de victime, selon la déléguée russe pour les droits de l’Homme Tatiana Moskalkova.

« Imaginer que des personnes viennent témoigner sans garantie de sécurité est tout simplement impossible », s’indigne Mme Lokchina. « Les personnes LGBT, déjà extrêmement vulnérables, doivent, en plus des autorités, craindre leurs propres familles », explique-t-elle.

Pour la journaliste de Novaïa Gazeta, Irina Gordienko, menacée de mort par le Grand Mufti tchétchène après son enquête, Ramzan Kadyrov exerce en Tchétchénie une « tyrannie absolue » avec l’accord tacite du Kremlin. « C’est là le coeur du problème: l’impunité des autorités tchétchènes », conclut-elle.

Source AFP

Shiloh veut être un garçon, Brad Pitt et Angelina Jolie ne sont pas contre.

Shiloh, la fille de Brad Pitt et Angelina Jolie, se sent garçon. Elle s’habille en costume et bermudas et souhaite qu’on l’appelle John depuis sa plus tendre enfance. Ses parents ont décidé de faire appel à un psy pour mieux comprendre.

Brad Pitt entouré de ses parents et de ses enfants lors de l'avant-première de Unbroken, à Los Angeles, le 14 décembre 2014

 

Shiloh, la première fille biologique de Brad Pitt et Angelina Jolie, ne se sent pas bien dans sa peau. Depuis de nombreuses années, la petite fille préfèrerait être un garçon. Elle veut que ses proches l’appellent John et aime porter des vêtements plus « masculin ». Angelina Jolie l’expliquait déjà dans Vanity Fair il y a quelques mois :

« Elle veut être un garçon. Nous avons dû lui couper les cheveux (…) Elle s’habille comme un petit mec. Elle aime les survêtements et les costumes (…) Je ne serai jamais un parent qui la forcera à être ce qu’elle n’est pas. (…) On devrait permettre aux enfants de s’exprimer (…) sans que quelqu’un les juge.« 

Radar Online a appris que les Brangelina avait consulté un psy pour mieux comprendre ce que traverse Shiloh et son trouble de l’identité, « Ils veulent que Shiloh se sente aimée et en sécurité« . Selon la source du magazine, Brad Pitt se demandait si le fait d’avoir deux grands frères n’aurait pas influencé la petite blonde, mais, le spécialiste l’a rassuré sur ce point « Il a dit à Brad que Shiloh se serait habillée en garçon et se serait fait appeler John, même si elle n’avait eu que des sœurs« . De même, il a tenu à leur expliquer qu’ils n’avaient pas commis de faute en tant que parents. Les deux tiennent vraiment à accepter leur fille telle qu’elle est. Le pire qu’ils pourraient faire serait de la forcer à porter des robes ou jouer à la poupée. Toutefois, la source affirme que le psy a fortement conseillé à la famille de scolariser la petite fille. Tous les enfants Pitt-Jolie ont un tuteur : « Il est crucial à ce stade du développement de Shiloh qu’elle soit entourée d’un maximum d’enfants. Suivre l’école à la maison l’enferme dans son petit monde ».

Le magazine affirme que Shiloh, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son père, ne peut pourtant pas être qualifiée d’enfant transgenre. À l’adolescence, la petite pourrait se révéler être un garçon manqué ou au contraire développer une très grande féminité.

Brad Pitt et Angelina Jolie ont toujours mis un point d’honneur à laisser leur fille faire comme elle l’entendait et cette visite chez un spécialiste a dû les rassurer dans leur choix.

Source : https://www.closermag.fr/people/shiloh-veut-etre-un-garcon-brad-pitt-et-angelina-jolie-demandent-les-conseils-d-un-psy-557256

Les Skittles perdent leurs Arc-En-Ciel pour célébrer le mois de fierté gay !

Le slogan «goûter l’arc-en-ciel» de Candy prend un nouveau sens en l’honneur de la communauté LGBT !

Les skittles , plutôt connues pour le slogan : « Goûtez l’arc-en-ciel », ont fait leur emballage et leurs bonbons blancs avec des écritures noires pour célébrer le mois de fierté et l’honneur de la communauté LGBT. 

Plusieurs magasins affichent le message de la marque: « Pendant la fierté, un seul arc-en-ciel compte. Alors, nous avons abandonné le nôtre pour montrer notre soutien ».

La société mère, les fabricants de gomme à mâcher Wrigley , a déclaré que, tant que la communauté LGBT et Skittles partagent l’arc-en-ciel comme un symbole, « Skittles a de nouveau abandonné ses couleurs arc-en-ciel afin que l’arc-en-ciel de Pride prenne son centre ».

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Lors du défilé de Londres Pride de l’année dernière, la compagnie a déclaré avoir reçu une réponse positive à sa campagne de médias sociaux.

Wrigley a également déclaré que la campagne monochrome défend les «valeurs clés pour nous» comme la diversité et l’inclusion.

« Cette campagne nous permet de nous amuser très bien avec notre marque tout en sensibilisant à un problème important ».

Actuellement, les paquets Skittles spéciaux ne sont disponibles que dans les magasins Tesco au Royaume-Uni.

Source : http://www.independent.co.uk/life-style/food-and-drink/skittles-pride-month-monochrome-rainbow-a7790706.html

Comment les licornes sont devenues un symbole LGBT ?

À quel moment les licornes sont apparues comme une représentation de la communauté lesbienne, gay, bi et trans?

Vous la voyez cette crinière arc-en-ciel et cette corne argentée? Les licornes envahissent internet, et cela fait quelques années que ça dure. Symbole de l’extraordinaire et des oubliés, la licorne est également associée au mouvement LGBT (lesbien, gay, bi et trans). En témoignent les nombreux mèmes qui foisonnent en ligne. Comment, alors, expliquer son utilisation progressive par la communauté LGBT?

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L’arc-en-ciel, souvent associé à la licorne, est sûrement l’explication la plus évidente: le drapeau LGBT, composé de six couleurs, s’est imposé dans les années 1970, il est arboré dans les défilés. De quoi rendre tout arc-en-ciel quasi indissociable des luttes des minorités sexuelles. C’est cette symbolique qui a poussé les adhérents de LICoRNE, l’association LGBT de l’université Lille 1, à choisir ce nom lors de sa création début 2016:

«Clairement je pense qu’on a choisi la licorne parce qu’elle est associée à l’arc-en-ciel, d’ailleurs sur notre logo, notre licorne à une crinière aux couleurs LGBT+», explique Gwenn Linski, la porte parole de l’association.

«Il y a très probablement un lien avec l’arc-en-ciel, mais pas seulement. Je pense que la licorne est aussi l’étendard de l’invisible», explique Sophie Barel, doctorante en sciences de l’information et de la communication à l’Université Rennes 2. D’une certaine manière, les LGBT, notamment les transgenres, bisexuels ou lesbiennes, utilisent de la symbolique de la licorne pour signifier leur invisibilité et leur absence de représentation dans les médias, films ou séries.

La fascination pour la licorne

On retrouve des traces de cet animal mystérieux qui ressemble à la fois au cerf, au bouc, à la jument et même à l’âne dans des écrits de Pline, de Platon, d’Aristote et même dans la Bible. Mais c’est au Moyen-Âge qu’elle prend la forme qu’on lui connaît aujourd’hui avec sa longue corne. Elle apparaît dans de nombreux écrits, mais aussi dans des œuvres artistiques, en témoigne la célèbre tapisserie de «La Dame à La Licorne» exposée au musée de Cluny. Au siècle des lumières, l’animal disparaît des ouvrages de zoologie. Poètes et artistes continuent néanmoins à se l’approprier.

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Dotée de vertues médicinales et thérapeutiques supposées, elle est même chasséeau Moyen-Âge. C’est ce qu’explique l’Historien Michel Pastoureau, auteur du livre Les secrets de la Licorne lors d’une émission sur le sujet de Concordance des Temps sur France Culture:

«C’est un animal que l’on n’arrive pas à capturer, l’animal pur par excellence, attiré par la pureté et la virginité. Elle a des propriétés merveilleuses, c’est pour ça que les humains cherchaient à s’en emparer.»

Rien d’étonnant donc à ce que les membres de la communauté LGBT+ puissent se retrouver dans ce symbole. Comme le détaille à nouveau Michel Pastoureau, cette fois dans un article de 20 Minutes, celle-ci «endosse plusieurs symboles liés à la pureté, la naïveté, tout ce qui disparaît, s’évanouit quand on le cherche sans en être digne». Un peu comme une actrice transgenre noire dans une série française grand public, ou un couple de lesbiennes dans une pub pour Bigard, la licorne n’existe pas.

Les licornes, ce sont aussi les entreprises de la Silicon Valley qui entrent en bourse, ou les joueurs de baskets au profil atypique, ou les journalistes qui savent aussi coder. Comme le souligne Ann Curzan, professeure d’anglais à l’Université du Michigan dans un article du Boston Globe, les métaphores autour de la licorne continuent de se développer:

«J’aime beaucoup ce nouvel emploi métaphorique de la licorne en tant que modificateur car il contient un élément de surprise, qui rappelle que la chose dont nous sommes en train de parler, un job, un partenaire, etc., n’est pas seulement rare mais n’existe peut-être pas du tout.»

Licorne et pop culture

L’utilisation de la licorne par les LGBT accompagne sa réapparition dans la pop culture. D’abord de retour via les jouets et vêtements des jeunes filles (ici une paire chaussons, là un tuto coiffure), elle est ensuite détournée, comme ici dans la courte série Charlie the Unicorn.

Comme l’explique Frédéric Lebac, sociologue des imaginaires sociaux au Centre d’études sur l’actuel et le quotidien à 20 Minutes, «la licorne traduit l’esprit du temps»:

«Ce n’est pas un hasard si l’on appelle licornes certaines entreprises très fructueuses. Adhérer au symbole de la licorne, c’est faire la démonstration de notre capacité à nous imprégner du monde fictionnel. C’est être capable de mettre entre parenthèses notre crédulité et notre tentative de chercher des preuves.»

En somme, la licorne agit à la fois comme un repère rassurant, une innocence regrettée et un imaginaire désiré et inatteignable.

Un marqueur communautaire

L’autre avantage de l’animal fantastique, c’est qu’il est fédérateur. Sophie Barel note aussi que se réunir autour du symbole de la licorne est une façon de se créer une communauté:

«C’est comme un code qui crée de la reliance entre les individus, comme pour exprimer “Je suis initiée à cette communauté, je suis ‘safe’, on peut communiquer”. C’est presque ésotérique, dans le sens “réservé à des initiés”. Ça peut être tout à fait inconscient, on marche beaucoup par mimétisme et la figure de la licorne s’est répandue comme une traînée de poudre dans les communautés LGBT et féministe en ligne.»

Gwenn Linski, à l’association LICoRNE, abonde dans ce sens:

«Ça fait rire les gens et ça nous a permis de faire beaucoup de communication. On était au salon LGBT de Lille et les gens venaient nous voir en nous disant: “ah oui, j’en ai entendu parlé! Ça nous a beaucoup aidé à nous faire connaître”.»

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En somme, la particularité de la licorne en tant que symbole, c’est que l’on peut y attacher ce que l’on veut. L’animal fantastique est «composite, comme le sigle LGBT qui regroupe plusieurs types d’individus», note Sophie Barel. Il n’est pas clairement genré. A la fois sexuelle, merveilleuse et fantasque, la licorne est indéfinissable, comme peuvent l’être certains membres de la communauté LGBT.

Pas surprenant que la licorne soit utilisée par d’autres minorités, par exemple de couleur ou handicapées, ou contre les «haters» sur internet. Au Canada, un opposant au projet de loi pour l’égalité des droits pour les personnes trans a même montré une image de licorne pour souligner que c’était «réprehensible» lors d’une séance au sénat. La licorne n’est pas, et ne sera probablement jamais un symbole uniquement gay, mais son côté fantastique et évanescent en fait une addition parfaite aux ours et autres loutres qui peuplent déjà la communauté LGBT.

Source : http://www.slate.fr/story/146055/licornes-symbole-lgbt

En Russie, une chaîne veut payer pour que des homosexuels quittent le pays

Une chaîne de télévision religieuse russe a offert de payer des billets d’avion en allers simples à des gays qui désireraient quitter le pays. La BBC rapporte que dans une vidéo postée sur ses réseaux, Tsargrad TV a appelé la population gay à participer pour gagner un billet.

«Encore récemment, la Californie –l’Etat qui est par ailleurs le plus libéral des Etats-Unis– a proposé de faciliter l’accès à une green card pour les perverts russes» a expliqué le présentateur Andrei Afanasyev, dans un vocabulaire fréquent sur la chaîne pour parler des gays. «L’équipe de Tsargrad TV soutient cette initiative. Plus encore, nous sommes prêts à payer un aller simple pour quiconque prévoit d’émigrer en toute honnêteté et qui pourra fournir un certificat médical prouvant qu’il est sodomite ou a d’autres formes de perversions. Nous voulons vraiment que vous déménagiez là-bas, où vous pourrez commettre vos péchés ouvertement».

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Violences homophobes

Tsargrad est une chaîne qui entend promouvoir les valeurs chrétiennes orthodoxes, revendique être regardée par un quart de la population russe et critique très souvent la «basse moralité» des pays occidentaux. Le 5 mai, avant le second tour de la présidentielle française, une présentatrice de la chaîne avait d’ailleurs lâché à propos de Macron (présenté dans les médias russes comme un homosexuel caché, sortant avec une professeure «pédophile»), qu’il n’était «pas exclu que le candidat sodomite» l’emporte.

Le fondateur de Tsargrad TV, Konstantin Malofeev, est devenu l’un des hommes d’affaires et lobbyistes les plus influents du pays, notamment grâce à ses valeurs orthodoxes, de nouveau en vogue dans la Russie de Poutine. Il est d’ailleurs un ardent soutien du président russe, –et sa chaîne est, selon ses mots, l’équivalent de Fox News aux États-Unis.

Au-delà de ce canal, et de la violence des propos tenus dessus, c’est la Russie dans son ensemble qui a durci son discours et ses actes vis-à-vis de la population LGBTQ, ces dernières années. L’homophobie n’est pas neuve dans le pays, mais une loi contre « la propagande homosexuelle devant mineurs» empêche toute manifestation pour les droits depuis juin 2013. Et un sondage de 2016 notait que 81% des Russes considèrent les relations homosexuelles comme répréhensibles. En Tchétchénie, République constitutive de la Fédération de Russie, des pogroms anti-gays ravagent actuellement le pays.

De nombreux voisins occidentaux ont dénoncé ces persécutions mais, jusqu’ici,seule la Lituanie a choisi d’accueillir ces réfugiés. Une quarantaine de gays ont fui la région semi-autonome de Tchétchénie et se cachent dans d’autres parties de la Russie, en attendant d’essayer de quitter le pays. Certains ont fui sans attendre d’obtenir un visa.

Source : Russian TV offers gay people one-way tickets to leave – BBC News